Le PACTE tient dans cette analyse à affirmer son positionnement clairement abolitionniste en matière d'éthique animale.
Rappelons qu'il existe dans la cause animale des divergences de pensée dans la façon d'envisager le traitement et le statut des animaux.
Voici ces différents courants :
- Le welfarisme : il prône l'amélioration du traitement des animaux sans remettre en cause le fait de les tuer. Il voudrait par exemple que, dans les élevages et les abattoirs, les animaux soient bien traités avant d'être exterminés. Son souci est ledit « bien-être animal » et il vise une amélioration partielle de la condition animale. Le welfarisme est le premier mouvement apparu en faveur des animaux, nous sommes convaincu·e·s qu’il est obsolète.
- La position abolitionniste remet en cause le fait de tuer l'animal, ainsi que son statut de propriété. Il développe une théorie des droits des animaux et réclame la considération de l'animal comme sujet de droits, au même titre que l'humain·e. L'abolitionniste ne croit pas au « bien-être animal » dans le cadre de l'exploitation de celui-ci. Il ne veut pas le « bien-être » mais la fin définitive de l'exploitation et de l'abattage.
- Il existe enfin une position alternative, celle en vogue en ce moment, que l'on nomme « néo-welfariste ». Ce courant est abolitionniste dans sa finalité mais emploie à cet effet des stratégies welfaristes. Par exemple, il va demander des réformes en faveur du « bien-être » dans les élevages, comme l'interdiction de l'élevage en batterie des poules, pensant que cela visibilise la cause animale et que c'est une première étape dans la prise de conscience des gens du sort et du statut de l'animal. Et que chacun, petit à petit, se rendra compte que l'animal n'a tout simplement pas à être exploité, ni tué.
Nous rejetons le welfarisme mais comprenons la position néo-welfariste, dans la mesure où elle est en soi abolitionniste.
Cependant, nous sommes certain·e·s que la stratégie néo-welfariste n'est pas la bonne et qu'elle peut même être contre-productive.
Signalons qu'il ne s'agit pas en l'espèce d'une guerre contre le néo-welfarisme dont nous considérerions les partisan·e·s comme du côté des exploiteurs. Il s'agit en réalité de démontrer que leurs stratégies ne sont pas les plus pertinentes.